L'assurance-chômage fut mise en place pour aider les travailleuses et les travailleurs durant la période entre la perte d'un emploi et le début d'un autre. Cette assurance n'a pas été mise sur pied, juste comme ça, par le gouvernement fédéral. Elle fut plutôt le résultat d'une longue lutte menée par des travailleuses et travailleurs découragés par les conditions effroyables de la grande crise des années 1930. C'est au cours des années 1940 que le programme d'assurance-chômage devint une loi. Au début, le programme était financé par les employeurs et les travailleuses et travailleurs. A cette époque, il ne couvrait que quatre travailleurs sur dix.
Au cours des ans, il y eu bien des améliorations, surtout entre 1960 et 1990. À un moment donné, dans la plupart des régions du Nouveau-Brunswick (NB), on pouvait travailler pendant dix semaines et recevoir presque une année de chômage. Mais, à partir de Brian Mulroney (1990), et ensuite avec Jean Chrétien (1996-97), le programme d'assurance-chômage, rebaptisé l'assurance-emploi, a connu des coupures majeures.
1. On a presque triplé le nombre d'heures requis pour recevoir l’assurance-emploi, les faisant passer de 180 heures à 420 heures dans la plupart des régions du NB. Le résultat : moins de travailleuses et travailleurs peuvent se qualifier pour l’assurance-emploi.
2. On a baissé le montant du chèque. Au cours des années 1980, on pouvait avoir 66 2/3 % du salaire. Maintenant, on ne reçoit que 55 %. On a aussi institué un diviseur qui réduit le revenu si on n'atteint pas 14 semaines de travail. C’est le cas dans la plupart des régions du NB. Résultat : moins de revenu (c’est beaucoup moins si on est au salaire minimum).
3. On a coupé dans la durée pendant laquelle les chômeurs et chômeuses peuvent recevoir l’assurance-emploi. C’est ce qui arrive dans les régions où il y a beaucoup de travail saisonnier et peu de semaines de travail disponible. Ceci donne lieu à des périodes où il y a ni salaire, ni assurance-emploi. C’est ce qu’on appelle « le trou noir ».
PROPOSITION du FRONT COMMUN
Nous voulons que nos députés provinciaux exercent des pressions sur le gouvernement fédéral pour de véritables améliorations au programme d’assurance-emploi afin qu'il réponde aux besoins des travailleuses et travailleurs du NB et du Canada. Nous demandons, entre autres :
1. Que partout au Canada, les travailleuses et travailleurs puissent faire une demande d’assurance-emploi s’ils ont travaillé 360 heures. Présentement, le NB est divisé en trois régions, et dans chacune, un nombre différent d’heures est requis pour faire une demande d’assurance-emploi. En janvier 2007, il faut de 420 à 454 heures dans la région de Restigouche-Albert, de 560 à 594 heures dans Madawaska-Charlotte et de 2- Que les travailleuses et travailleurs reçoivent deux tiers de leur salaire (66 2/3%) au lieu de l’actuel 55 % du salaire. Une personne au salaire minimum, à 7 $/h, et qui travaille 40 heures par semaine, gagne 280 $. Au chômage, à 55 % de son salaire, elle reçoit 154 $ par semaine. Si l’assurance-emploi était à 66 2/3 %, elle recevrait 184 $, soit une différence de 30 $ par semaine
3- Qu’on augmente à 52 semaines par an le nombre de semaines qu’une travailleuse ou travailleur peut recevoir de l’assurance-emploi. Présentement, le maximum est de 45 semaines. Les personnes âgées devraient pouvoir retirer pendant plus de semaines car elles ont plus de difficulté à se trouver de l’emploi.