Front commun pour la justice sociale

Comité des 12

 

 

La formation des bénéficiaires est-elle humaine et réaliste ?

No 1353

Le 6 janvier 2004

Monsieur Tony Huntjens

Objet:     Politique concernant la formation

Sans nous opposer à la formation proprement dite, nous croyons quand même notre devoir de faire une mise en garde en ce qui concerne les initiatives trop zélées de la part de vos gestionnaires visant la formation et la réintégration au travail des bénéficiaires.

Proposer à quelqu'un sans formation de prendre un emploi au salaire minimum pendant 26 semaines, le temps de se rendre admissible à l'assurance-emploi, puis lui trouver une place au collège communautaire pendant une autre année pour revenir travailler à son même emploi au salaire minimum n'a rien de trop alléchant.

Proposer aussi à des bénéficiaires de la Péninsule d'aller étudier au collège communautaire de Campbellton en les assurant qu'on leur paiera une chambre et pension à Campbellton et les frais de déplacement chaque fin de semaine pour qu'ils puissent revenir dans leur famille peut paraître une stratégie efficace, mais cela peut aussi avoir des conséquences désastreuses sur la vie familiale.

Quand l'effort exigé de la part des bénéficiaires est tellement grand qu'ils développent des troubles d'adaptation et des crises d'angoisse face à certains stress et qu'ils doivent alors recourir à des médicaments, payés par l'État, il est à se demander quels sont les économies réalisées, au fond, et s'il ne serait pas plus bénéfique de simplement subvenir aux besoins de ces individus en leur versant des prestations d'aide au revenu.

Veuillez nous dire si vous avez l'intention de réviser votre politique visant la formation des bénéficiaires afin de la rendre plus humaine et réaliste.