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Front commun pour la justice sociale |
Pour diffusion immédiate
le 1 février 2008
"Les gens qui vivent dans la pauvreté ne sont-ils pas eux aussi des citoyens de cette province?" C'est la question que pose Linda McCaustlin, co-présidente du Front commun pour la justice sociale.
"Hier soir, notre premier ministre Shawn Graham, a prononcé son discours sur l'état de la Province et ce n'est qu'à la toute fin qu'il a abordé la question de la pauvreté. C'est tout un exploit quand on sait que près de 24 % des travailleurs et travailleuses de cette province gagnent moins de 10 $ l'heure et plus de 44 000 néo- brunswickois sont bénéficiaires de l'aide au revenu. C'est sûr qu'aucun d'entre eux s'est reconnu dans le discours sur l'état de la Province", d'ajouter Mme McCaustlin.
Le premier ministre n'a aucunement fait allusion à une hausse du salaire minimum ni de la date de la prochaine augmentation. Cette semaine, la province de la Nouvelle-Écosse a décidé d'augmenter le salaire minimum. Le Comité de révision de cette province a proposé les augmentations suivantes au cours des deux prochaines années: hausser le salaire minimum à 8,10 $ l'heure en mai 2008, puis à 8,60 $ en avril 2009, à 9,20 $ en avril 2010 et finalement à 9,65 en octobre 2010. Nous souhaitons que cette province-ci emboîte le pas!
Le Premier ministre a affirmé qu'en 2026, il y aura moins d'enfants qui vivront dans la pauvreté. Pourquoi attendre encore 18 ans? Qu'arrivera-t-il à tous les enfants qui vivent actuellement dans la pauvreté? Devront-ils attendre jusqu'en 2026? Et que dire des milliers d'individus qui doivent dépendre des banques alimentaires pour se nourrir? Quels bénéfices le Premier ministre avait-il à leur offrir dans son discours sur l'état de la Province? Aucun!
Le Premier ministre a aussi mentionné des changements au ministère des Services familiaux et communautaires, d'abord que le nom serait changé à celui de "Développement social", puis que son mandat serait étendu. Le ministère mettra désormais l'accent sur une approche "plus active". Il a précisé que cela lui faisait plaisir d'annoncer qu'il prévoyait une baisse de 2 500 dans le nombre d'assistés sociaux au cours de son mandat. Depuis McKenna, tous les premiers ministres se sont donné comme objectif de réduire le nombre de bénéficiaires de l'aide au revenu. En réalité, ils ne font que déplacer un certain nombre de bénéficiaires vers d'autres programmes d'aide.
Nous sommes tous d'accord que la province doit aider les gens qui sont capables de travailler à se remettre au travail, mais la réalité veut que le majorité des individus et des familles qui sont bénéficiaires de l'aide au revenu sont pratiquement incapables de travailler. Ils ont des incapacités d'ordre physique ou émotionnel et le gouvernement doit en tenir compte.
"Pour nous, le simple fait de changer le nom
du ministère et d'étendre son mandat ne représente aucunement un changement
réel. Ce n'est que lorsque les élus aborderont de plein front les
questionssuivantes que le gouvernement s'attaquera réellement à la pauvreté:
- Notre salaire minimum est l'un des plus faibles au pays;
- Le barème de l'aide au revenu est également parmi les plus faibles au pays;
- Les gens vivant dans la pauvreté doivent composer avec des frais de
combustible élevés;
- Le logement social est insuffisant, ce qui fait que bien des citoyens vivent
dans des logements inadéquats."
"Le discours sur l'état de la Province était peut-être de la musique aux oreilles de certains, mais certainement pas pour ceux qui vivent dans la pauvreté, qui n'ont rien à se mettre sous la dent et pas assez pour se tenir au chaud et dont le revenu est insuffisant pour vivre décemment", de conclure Mme McCaustlin.
Pour renseignements:
Linda McCaustlin, co-présidente du Front commun, au 855-7086
John Gagnon, co-président du Front commun, au 548-9776