Front commun pour la justice sociale

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Pas de différence entre le gouvernement provincial actuel et le précédent face à la lutte contre la pauvreté

Le gouvernement libéral actuel a été élu en septembrer 2006. Les citoyens s'attendaient à ce qu'il redresse la situation sur le plan social. Un an s'est écoulé et le progrès tarde encore à venir.

Du point de vue du Front commun, il n'y a eu aucun changement significatif entre les gouvernements conservateur et libéral pour la simple raison que les deux régimes sont empreints de l'idéologie néolibérale, donc leur pensée est fortement influencée par la droite américaine.

Au point de vue des droits sociaux, rien n'a bougé. Le Front commun réclame une vaste consultation pour conduire à une réforme en profondeur des programmes sociaux et à leur enrichissement de façon à redonner aux personnes appauvries le statut de citoyens honorables.

Les mesures visant le soutien du revenu demeurent précaires. Ce ne sont pas les maigres augmentations de 3 % du barème d'aide sociale qui pèsent lourd dans la balance puisque les hausses de l'électricité, de l'essence et des assurances et les nombreux frais de services sur les permis de tous genres, viennent gruger bien plus que cela. Au total, donc, le pouvoir d'achat se trouve diminué. Les indexations au coût de la vie, maintes fois réclamées, n'ont jamais été entendues.

Le gouvernement, tant l'actuel que le précédent, refuse toujours de modifier en profondeur les structures et le fonctionnement des principaux programmes sociaux, et donc, la lutte à la pauvreté demeure superficielle.

La notion de «travail contre nourriture», qui s'inspire du régime McKenna, a été amplement promue par le gouvernement conservateur et continue de l'être par l'actuel. On persiste à croire que tous sont théoriquement capables de travailler et qu'il suffit de leur présenter une petite bonification pour les convaincre de retourner à l'emploi. Ces mesures ne font qu'accentuer l'insécurité des gens puisqu'ils se retrouvent en bout de ligne au salaire minimum et ils perdent des bénéfices qui leur étaient garantis, surtout sur le plan médical.

Il n'y a eu aucune amélioration depuis l'élection du gouvernement actuel en ce qui concerne l'aide aux personnes atteintes de diverses incapacités fonctionnelles, autres que physiques ou émotionnelles. Ces personnes continuent à faire partie d'une catégorie appelée ironiquement «en transition», alors qu'elles seront assistées jusqu'à l'âge de 65 ans.

La menace de privatiser une partie des services publics n'a jamais pesé aussi lourdement qu'actuellement. Le Front commun met actuellement la population en garde contre les effets pervers de la privatisation. Le secteur privé, on le sait, n'a aucune responsabilité morale vis-à-vis les services aux citoyens. Il ne déroge pas de ses règles de fonctionnement, peu importe ce qui survient sur le plan communautaire. Il n'accepte pas non plus aucune pression de l'extérieur et ne s'engage pas à desservir uniformément l'ensemble de la population.

Le gouvernement actuel est aussi insensible que le précédent en ce qui concerne les injustices causées par ses politiques telles que les coupures imposées à ceux qui désirent partager un logement pour réduire les coûts. Parce qu'il ne fait que perpétuer les politiques du gouvernement précédent, il n'y a pas eu de changement à cet égard, à toute fin pratique.

Le gouvernement se montre aussi réfractaire que le précédent en ce qui a trait à la prévention des risques, la promotion de ses services et l'instauration de politiques équitables à l'échelle de la province. Les dossiers sont fermés abruptement, suite à la délation, laissant la personne sans aucun revenu; l'assistance d'urgence est parcimonieuse, les cas d'exception ne sont pas traités au mérite, la procédure d'appel ne respecte pas les règles de justice naturelle et les politiques sont ininelligibles au commun des mortels parce qu'elles manquent de transparence et de clarté.

Il n'y a pas eu d'enrichissement non plus sur le plan des services destinés aux jeunes enfants ayant des difficultés scolaires. Parce que les services professionnels sont insuffisants, le parcours académique de ces enfants est compromis. Les autres programmes sociaux, tels que la lutte contre le suicide, les programmes d'alphabétisation et les réparations domiciliaires sont encore à l'état embryonnaire et sous-financés.

Le gouvernement conservateur avait déjà ouvert la porte à la sous-traitance et le gouvernement actuel poursuit dans cette direction. La politique de ne pas remplacer les fonctionnaires qui prennent leur retraite (l'attrition) se perpétue de sorte que les services publics s'appauvrissent.

Malgré les nombreuses consultations qu'a mené le gouvernement actuel, les régions sont tout autant laissées pour compte. Le gouvernement ne propose aucune intervention économique qui permettrait de contrer l'exode et de favoriser le développement local. Le décalage au point de vue du niveau socioéconomique de certaines régions par rapport à la moyenne provinciale est toujours aussi prononcé sur le plan de la sécurité du revenu, du taux d'abandon scolaire, des enfants et adultes pris en charge, du nombre de suicides, du nombre d'emplois précaires et du nombre d'individus faiblement scolarisés, ce qui constitue, en soi, une source d'iniquité.

Toutes ces mesures vont à l'encontre d'un virage longuement attendu qui viserait à assurer une meilleure protection sociale aux gens et à réduire la pauvreté dans la province. Comme le gouvernement précédent, le gouvernement actuel ne se montre pas empressé à répondre aux revendications urgentes des groupes sociaux au niveau des besoins spéciaux.

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John Gagnon, co-président Front commun pour la justice sociale

Linda McCaustlin, co-présidente du Front commun pour la justice sociale