Front commun pour la justice sociale

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Le prochain budget provincial doit augmenter les taux d'assistance sociale d'au moins 17 % pour permettre aux pauvres de se rattraper

Moncton, le mercredi 22 mars 2005 . À leur réunion provinciale du 19 mars, les membres du Front Commun pour la Justice Sociale (FCJS) ont fait une demande insistante pour que les taux d'assistance sociale soient augmentés dans le prochain budget. Au Nouveau-Brunswick, les individus et les familles qui reçoivent l'assistance sociale n'ont pas eu d'augmentation depuis 1997. Entre temps, un panier de biens et services coûtant 100,00 $ en 1997 coûte 116,92 $ en 2005. Il faut que les taux d'assistance sociale montent! Bien des personnes pauvres de cette province ne savent pas si, à la fin du mois, elles pourront payer le pain, le lait, l'huile à chauffage, etc. Nous supplions le gouvernement de mettre fin à leur stress.

Le Premier Ministre Bernard Lord  disait dans le Discours du trône de décembre 2004 :

« Votre gouvernement a comme engagement d'augmenter les taux d'aide sociale et d'améliorer d'autres prestations d'aide sociale, y compris le supplément pour le chauffage, pendant la session afin d'aider les gens du N.-B. qui ont le plus besoin d'aide. » Le FCJS dit que les personnes qui dépendent de l'aide sociale ont besoin d'une hausse d'au moins 17 %, simplement pour tenir compte de l'inflation.

Selon le FCJS, des milliers de Néo-Brunswickois et leurs enfants ont besoin que ces augmentations se trouvent dans le budget 2005-2006. Voici quelques-unes des raisons :

1. Dans une publication présentant des chiffres de 2003, le Conseil National du Bien-être social dit que les taux annuels d'assistance sociale du N.-B. sont les plus bas au Canada pour trois des quatre catégories rapportées : (a) personne seule apte au travail à 3,383 $; (b) personne handicapée à 6,911 $ ; (c) couple avec deux enfants à 16,852 $. Pour ce qui est de la quatrième catégorie, un parent seul avec un enfant, à 13,232 $, le N.-B. se classe le 6 e plus bas parmi les 10 provinces. Il n'y a eu aucune augmentation de ces taux depuis la parution de leur publication.

2. Si l'on compare les taux annuels d'assistance sociale au N.-B. avec le seuil de pauvreté, tel que défini par Statistique Canada, on comprend le problème criant que vivent les pauvres d'ici. Il leur est impossible de survivre avec des pourcentages aussi bas que les suivants :

Catégorie d'assisté social

Revenu total de bien-être social exprimé en % du seuil de pauvreté

Personne seule apte au travail

20%

Personne handicapée

41%

Parent seul, un enfant

62%

Couple,deux enfants

53%

3. Si on analyse la hausse du coût des besoins de base dans cette province, on voit par exemple que les dépenses pour le chauffage ont augmenté considérablement. On payait 0,35 $ le litre pour l'huile à chauffage en 1994-95 et il était grimpé à 0,79 $ en novembre 2004, une augmentation de 225 %.

4. Le prix des aliments a augmenté considérablement depuis 1997. Par exemple, le lait a augmenté de 30 %, les œufs de 40 %, les carottes de 65 %, les oranges de 33 % et les bananes de 17 %. Et pourtant, nous savons que les taux d'assistance sociale n'ont pas bougé. La sécurité alimentaire est maintenant incluse parmi les facteurs déterminants de la santé. La faim, la pauvreté et la mauvaise santé vont la main dans la main. Quand on oblige les pauvres à se priver de nourriture, cela engendre de la malnutrition, une diminution de la résistance, plus de maladies, toutes des conditions qui font dramatiquement augmenter les dépenses en soins de santé. En 2004, 19,663 personnes du N.-B. sont allées aux banques alimentaires, comparé à 18,875 en 2004, une augmentation de 4 % [1] . Cinquante-cinq pour cent étaient des assistés sociaux , presque 12 % travaillaient et près de 14 % n'avaient pas d'emploi. Lorsqu'on a demandé au personnel responsable des banques alimentaires quelles seraient les mesures gouvernementales à prendre pour combattre la faim et la pauvreté des adultes et des enfants, ce personnel a répondu : (1) augmenter le revenu de l'assistance sociale ; (2) augmenter le salaire minimum; (3) faciliter l'accès à un logement abordable.

Il faut que les pauvres du N.-B. qui dépendent de l'assistance sociale soient au cœur du prochain budget. Il est inacceptable que tant d'individus et de familles doivent s'efforcer de joindre les deux bouts avec le même montant d'argent qu'il y a huit ans , étant donné que même en 1997, les allocations étaient nettement insuffisantes. Notre gouvernement a coupé les taxes des corporations, des petites entreprises et des individus, des décisions qui n'ont rien fait pour aider les pauvres. Ces réductions d'impôts font que moins d'argent entre dans les coffres de la province, ce qui veut aussi dire qu'il y a moins d'argent pour les programmes sociaux, et par conséquent, moins d'argent pour les individus et les familles qui vivent dans la pauvreté.

Le FCJS croit fermement qu'il est présentement plus important de s'occuper des personnes faisant partie du 20 % en bas de l'échelle socio-économique plutôt que du 20 % qui est le plus riche. Ces derniers peuvent s'occuper d'eux-mêmes. Les coûts associés à négliger les pauvres, soit à court, à moyen ou à long terme, sont beaucoup plus considérables que si nous agissons maintenant.

Le FCJS pense qu'avec le prochain budget, le Premier Ministre Lord a la chance de montrer où se situe la volonté politique de son gouvernement. Le 29 mars, une délégation du FCJS ira à Fredericton où ils écouteront attentivement le contenu du budget.

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Pour plus d'information,veuillez appeller les co-présidences : John Gagnon –547-6061 (T) 545-6800 (M) 545-0651 (Cell.) ou Mary-Ann LeBlanc au : 648-6989 (T) ou 633-9881 (M) ou Sr. Auréa Cormier (membre) au 389-9705


[1] Hunger Count 2004 - Poverty in a land of plenty - Toward a Hunger-Free Canada.