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Front commun pour la justice sociale | ||
Croissance économique et pauvreté...
'La peur est inscrite au coeur même de leur vie professionnelle'. Telle est l'observation de Richard Sennet dans son étude du travail aux États-Unis [1]. Il n'en a pas toujours été ainsi.
L'après-guerre
Après 1945, sous l'influence de Keynes, le souvenir de la grande dépression et des horreurs de la guerre, les États capitalistes abandonnent 'la concurrence déflationniste' (pression sur le coût du travail pour réaliser des exportations) qui, de la guerre économique, les avaient conduit à la guerre.
Commence alors ce que les économistes appellent les 'Trente Glorieuses'. Les impôts sur les hauts revenus et les corporations sont élevés (plus de 70% comme taux marginal sur le revenu). La croissance économique est forte, les emplois se créent, les salaires augmentent.
L'idéologie néo-libérale prend le pouvoir
Fin des années 80, nos gouvernement acceptent l'idéologie néo-libérale américaine (Exemples : McKenna et Lord au Nouveau-Brunswick, Mulroney, Chrétien, Martin au Canada). Abaissement des taux marginaux d'imposition (initié par Mulroney), réduction continue de l'impôt des corporations, réduction du filet de sécurité sociale sont là pour nous rendre 'compétitifs', c'est-à-dire prêts à travailler plus pour moins... au profit des grandes entreprises.
Commence alors la période du grand chantage et du grand chômage larvé. Si vous voulez des emplois donnez-nous des subventions, des aides, des facilités fiscales (non paiement des impôts dûs, etc. ) disent les entreprises aux gouvernements [2].
Depuis nous connaissons la peur au coeur de notre vie professionnelle, car la croissance économique ne se traduit plus par la croissance pour tous.
Le produit intérieur brut (en millions de dollars constant, donc hors inflation) a augmenté durant les années 90. Les très riches en ont profité, la classe moyenne endettée vit la peur au ventre et la pauvreté est toujours bien là.
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Cette croissance économique sans partage est sans avenir mais elle est lourde de menaces pour les pauvres humains que nous sommes. Les États ne sont pas sans pouvoir. Bien au contraire. Faisons-le savoir à nos gouvernants.
[1]. Richard Sennet, Le travail sans qualités. Les conséquences humaines de la flexibilité, Albin Michel, 2000,p.20
[2]. C'est comme cela que notre Premier ministre Paul Martin justifie la localisation de son entreprise la Canadian Steamship International aux Barbades, la perte de 100 millions de $ en recette pour l'État et donc son gain personnel de 100 millions.